Parfois le temps semble s’être figé et parfois on dirait qu’il va à des années lumières. Jusqu’en 2010, je cueillais les pousses de sapin à la mi-mai. C’était un rendez-vous printanier que je ne manquais pour rien au monde depuis mon tout premier contact avec l’herboristerie. Puis l’éclosion des bourgeons en jeunes pousses a commencé à se faire à la troisième semaine de mai, pour se déplacer, petit à petit, jusqu’en début juin. 2022 a été une année qui m’a marqué, car j’ai cueilli mes précieuses pousses à la mi-juin! Un mois de différence. Même si les printemps ne se ressemblent pas tous, un écart de cette envergure reste énorme pour les botanistes. Le genre d’écart qu’on voit sur des siècles; pas en quelques années! Depuis, la tendance se renverse car il fait de plus en plus chaud, tôt.
Deux ans auparavant, j’avais arrosé mes jardins de plantes médicinales pour la toute première fois, en plein été; à leur plein potentiel de croissance atteint. Normalement, elles n’avaient plus besoin de moi à ce stade. Or, celles en forêt, étaient assurément plus aptes à survivre aux canicules, que celles en plein soleil!
Du moins, c’est ce que je croyais à ce temps-là. Mais ces derniers temps, je remarque que les forêts aussi ont de la difficulté à suivre. Je ne compte plus le nombre de balades dans les bois, depuis un an, entourée de fougères jaunies.
Avec les changements de températures, les feux de forêts, les inondations, la disparition de la biodiversité, etc., la demande d’adaptation est énorme pour tous les êtres vivants sur notre planète.
Et l’Humain est bien au fait de ces changements. Ceux-ci sont accueillis parfois avec soulagement. Comme ce fameux mois de novembre 2023 où l’on pouvait rattraper le retard des derniers travaux autour de la maison, en t-shirt dehors; et ce, pendant toute une semaine. Mais parfois, ils sont accueillis avec inquiétude; avez-vous remarqué, vous aussi, que les oiseaux ne chantent plus comme avant?
Entre nos questionnements sur l’avenir de notre planète et notre hypervigilance à distinguer le vrai du faux avec l’arrivée massive de l’IA, prenons quelques instants pour aider notre corps et notre esprit à s’adapter aux changements; avec plus de facilité.
Prendre des plantes médicinales peut non seulement être bénéfique, mais aussi être salvateur. Mes observations cliniques me permettent toutefois de faire une mise en garde : les posologies pourraient être revues à la baisse, justement à cause de ces changements et de la demande énergétique du corps à cette constante adaptation.
Revenir aux « Simples » (terme utilisé depuis le moyen âge pour désigner les plantes médicinales dans leur utilisation simple; en dehors d’un mélange) me semble être la meilleure option, et voici pourquoi :
Avant, lors de déséquilibres ou de début d’infections, je suggérais à mes clients et amis, et prenais moi-même, des plantes costaudes, plusieurs à la fois, et en grandes quantités. Mais voilà, ces mélanges et ces dosages amènent désormais le corps dans ces derniers retranchements. J’ai eu plus de résultats, dans les dernières années, avec des plantes douces qu’avec des plantes costaudes; ou encore avec des dosages en externe plutôt qu’en interne, parce que le corps est déjà sollicité par une foule de « messages ». Message qui dit au corps « Ajuste-toi ».
1) Messages extérieurs : changements de température quotidiens et hebdomadaires, de luminosité, stimulis de toutes sortes, pollution visuelle et sonore, bombardement d’images secondes, sollicitation de toute part, etc.
2) Messages intérieurs : déséquilibre physiologique, alimentation transformée, stress, réponses d’adaptation de toutes sortes, médication, alcool, excitants, etc.
Alors quand j’ai un rhume et que je me badigeonne d’huile essentielle d’eucalyptus, en plus de prendre de la teinture d’hydraste ET des capsules d’origan ET de l’ail. Ou si je ne dors pas et que j’applique du ravintsare en plus de prendre des comprimés de passiflore, de la teinture de pavot ET de la tisane « Bonne nuit » (juste au cas où le reste ne fonctionnerait pas!), j’envoie au corps vraiment beaucoup de « messages » qu’il doit décortiquer, en plus de tout le reste.
C’est comme de recevoir pendant un instant, dans ma boîte courriels, ET mon Messenger, ET mon Facebook Pro ET mon cell (textos), des messages provenant d’amis, de clients, de fournisseurs et de collègues.
C’est complètement étourdissant. Envahissant. Quand ça arrive, je ne sais plus où donner de la tête et je ferme tout.
Le corps fait pareil. Notre cerveau est tellement sollicité en cette période de grande adaptation qu’il a besoin, à mon humble avis, de se concentrer avec UNE seule boite de messagerie. Il m’apparait de plus en plus évident que le corps va gérer dorénavant qu’une seule provenance; qu’un seul message à la fois, auquel il pourra répondre. Un message qui dit : « Je suis là pour toi »
Et non : «Pourquoi tu ne réponds pas?!»
Là où je suggérais auparavant un nombre de gouttes de teinture-mère à prendre par la bouche, je suggère souvent maintenant un 3 à 4 gouttes sur les avant-bras (là où la peau est le plus mince) -en externe, car la personne n’est tout simplement plus capable d’être « envahie » de la sorte.
Ça porte à réfléchir.
Et là où je suggérais 3 à 4 tasses de tisane, je suggère maintenant ½ tasse deux fois par jour; pris en conscience. Même lors d’infection.
Et je remarque des effets beaucoup plus grands de cette façon depuis quelques années.
La verveine et l’aunée en sont de bons exemples.
Une DOUCE contre l’adversité et la dualité qu’amènent souvent les grands changements et une costaude seule, en petite quantité.
La verveine est droite et se tient debout dans les pires intempéries. C’est une plante à la fois du système nerveux et du système digestif…une simple…et une douce.
La verveine nous dit exactement ça; je suis là pour toi! C’est le message qu’elle envoie. Elle calme et soutient le système nerveux. Une fois entrée, elle continue son chemin vers le foie qu’elle tonifie et puis la digestion qu’elle facilite. N’est-ce pas magnifique de prendre le temps de respecter un rythme plus doux. Une simple tisane, pris à petites gorgées, en respirant profondément et en remerciant la plante de nous aider, va apporter au corps plus de bienfaits que n’importe quel acharnement à se soigner.
Il en est de même pour l’aunée. Une demi-tasse de cette décoction 2 fois par jour lors de symptômes grippaux va être beaucoup plus bénéfique que tout un arsenal de combat.
Nous avons grandement besoin de douceur, alors pourquoi ne pas se l’offrir là où l’on peut! Je vous souhaite cette accalmie, cette observation bienveillante envers vous-même et le temps nécessaire pour écouter les messages les plus importants au fond : ceux de votre corps. Quand il est mêlé ou qu’il ne répond plus, c’est qu’il est surstimulé, à mon humble avis. Lui offrir des plantes c’est bien, mais lui en offrir en douceur c’est mieux ;)