Bien comprendre la fièvre
La fièvre c’est quoi au juste
La fièvre est considérée par notre médecine moderne comme l’ennemi à faire plier. L’idée que nous en avons, a été renforcie par l’inquiétude qu’elle suscite depuis toujours. Quand une personne fait de la fièvre on sait que quelque chose ne va pas, mais on se sait pas quoi. Infection bactérienne, virale, insolation, déshydratation, maladie auto-immune, intoxication alimentaire, empoisonnement, réaction allergique, épuisement, poussée dentaire, tant de possibilités invisibles.
Or, comme vous vous en doutez, la fièvre est un processus naturel de défense. Le corps utilise ce moyen, principalement, pour tuer les agents pathogènes ou forcer au repos. Une température corporelle anormalement élevée stimule l’activité phagocytaire (capacité du corps à lutter). Donc augmente la vitesse de réponse des macrophages, la production d’anticorps, de lymphocytes T et d’interféron. Elle augmente aussi la vitesse des réactions chimiques et diminue la croissance de certaines bactéries.
Pour y arriver tout un processus se met en branle : le début de la fièvre peut être graduel ou soudain.
1) Il y a une vasoconstriction qui provoque un blocage des pores de la peau pour permettre au corps de garder sa chaleur et l’augmenter; les mains et les pieds sont froids. Il y a des frissons. Le cœur bat plus vite et la respiration est augmentée. La miction est bloquée.
C’est le temps de couvrir la personne; de la tenir au chaud pour aider le corps dans son processus. ***Notez bien : tant que les pieds et les mollets sont froids la température continuera de s’élever.
2) Lorsque la température a été assez élevée; suffisamment longtemps, elle redescend. Il y a alors vasodilatation provoquant la transpiration et par le fait même l’élimination des toxines. Cette transpiration doit avoir lieu.
C’est le temps de découvrir légèrement la personne (la plupart du temps la personne le fait elle-même), de lui donner de l’eau fraîche (et non froide!) car elle perd beaucoup d’eau dans cette étape. Les compresses froides sur la nuque et la tête peuvent aider.
3) La fièvre est habituellement suivie par une fatigue générale. Le repos est nécessaire pour permettre au corps de retrouver son homéostasie.
Si le processus fonctionne correctement, il n’y a pas à intervenir.
Mais il est important de surveiller son évolution. Dans le cas où une personne n’arriverait pas à l’étape 2 c’est-à-dire à la transpiration, on peut alors donner des plantes diaphorétiques en infusion (voir plus bas).
Chez l’enfant la température peut varier selon son niveau d’activité ou de stress, son habillement ou l’heure de la journée.
Températures normales selon le site de mesure
Rectum : 36,6 °C à 37,9 °C (le plus précis).
Bouche : 35,5 °C à 37,5 °C.
Aisselle : 36,5 °C à 37,3 °C (moins fiable).
Oreille : 35,8 °C à 37,9 °C.
Fièvre : Au-dessus de 38 °C (le corps se défend)
Quand s'inquiéter ?
Hypothermie : En dessous de 35 °C (dangereux)..
Hyperthermie : Au-dessus de 40 °C (vigilance accrue)
À quel degré se situe notre intervention?
On considère qu’une fièvre est dangereuse quand elle dépasse 40ºC (104ºF). Ceci est vrai si l’état de la personne est somme toute bon, mais si une personne fait, par exemple, 39.2 ºC (102,5ºF) et qu’elle est apathique; amorphe, bref pas « normal »; il faut réagir. Les premiers signes de complication sont les convulsions chez l’adulte et la léthargie extrême. Dans ces deux cas allez à l’urgence immédiatement.
À 41.1ºC (106ºF) il y a endommagement au cerveau et séquelles possibles.
Il n’y a que deux cas où la fièvre peut atteindre 41.1ºC : insolation ou empoisonnement alimentaire (je trouve ça rassurant si je sais que je ne fais ni l’un ni l’autre - pas de vomissement, pas de coup de chaleur).
Un médecin m’a déjà dit que les maux de dents chez le bambin ne font jamais monter la fièvre plus haut que 38.9 ºC (102ºF).
Les convulsions chez un enfant sont impressionnantes, mais dans la plupart des cas non dangereuses. Elles sont souvent terminées avant d’arriver à l’hôpital. Ces dernières peuvent quand même comporter certains risques. L’important est de garder son calme et de s’assurer que l’enfant ne s’étouffe pas avec ses sécrétions (on peut le coucher sur le côté).
Les antipyrétiques (qui abaissent la température en bloquant le processus normal de fièvre) seront donnés seulement en dernier recours.
Donc notre intervention se situe au niveau de l’observation et de l’accompagnement.
Chaleur, réconfort, environnement harmonieux, eau de source
Plantes diaphorétiques en cas de mauvais fonctionnement du processus naturel
Action (urgence) en cas de comportement anormal ou apathique de la personne
Prise des antipyrétiques dans les cas où la fièvre dépasse les 40ºC et que les pieds et les mollets sont toujours froids.
Les Diaphorétiques
Les plantes diaphorétiques ont la capacité d’ouvrir les pores et favoriser la transpiration et l’élimination des déchets. Elles soutiennent le processus de fièvre quand celui-ci n’aboutit pas à son stade de sudation.
Il y a deux catégories :
1) les diaphorétiques chaudes sont utilisées dans les cas de frissons, de sensation de froid, de fièvre avec peu ou pas de transpiration, de douleurs et de raideurs. Ce sont des plantes stimulantes circulatoires. À être utilisé par les adultes seulement, car trop réchauffant pour les enfants.
Ail, Angélique (racine), Cayenne, Cannelle, Gingembre, Hysope (sommités)
2) les diaphorétiques froides sont utilisées en cas de fièvre forte sans frisson, avec un peu plus de transpiration. Il y a inflammation à la zone ORL et pouls rapide. Ce sont des plantes vasodilatatrices périphériques. À être utilisé par les adultes, et les enfant dans tous les cas.
Achillée millefeuille, Sureau (baies et fleurs), Mélisse, Bourrache, Citron, Camomille, Cataire
Je peux vous dire que la mélisse a fait des miracles sur mon fils Olivier lors d’une fièvre sans aucune transpiration. J’étais en campagne sans voiture et seule avec ce petit dont la température ne faisait que grimper…mais fermement convaincue que la plante pouvait aider…et elle l’a fait!
TRUC: faire une infusion rapide et concentrée (1 c. à table pour une tasse d’eau très chaude au lieu de 1 c. à thé; infusé 5 minutes max) et mettre 1 ou 2 glaçons après avoir tamiser; pour refroidir rapidement afin que la personne puisse la boire rapidement. Parfois les minutes comptent ;)
Les Antipyrétiques (en dernier recours)
Bouleau (écorce), Reine des prés, Peuplier (écorce)
Contiennent tous trois de l’acide salicylique qui est à l'origine de l’acide acétylsalicylique (plus connue sous le nom commercial de "aspirine"). En infusion et bien dosé, ses actions antalgiques et antipyrétique naturels, sont sans effet indésirable. 1 c. à thé suffisent par tasse d’eau chaude. Moins pour les enfants.
L’argile en application (cataplasme) répétée sur le bas du ventre ou les bains tièdes avec 1 tasse ou 2 de vinaigre de cidre de pomme peuvent être essayés pour faire tomber la fièvre.
En conclusion, l’observation est la clé, l’accompagnement est le meilleur allié et pour NE PAS contrer la fièvre trop vite, lorsque celle-ci s’emballe, on peut utiliser des plantes diaphorétiques pour favoriser son dénouement sans bloquer le processus normal du corps. Ainsi nous soutenons la personne fiévreuse vers une amélioration de la situation et augmentons notre capacité à juger, faire confiance et utiliser les plantes à bon escient.